Séchage en grange : des prairies multiespèces à l'essai en Normandie


Les exploitations équipées d’un séchoir en grange sont peu nombreuses en Normandie (une trentaine) mais ce système suscite l’intérêt des agriculteurs, comme en témoigne le succès des deux fermes ouvertes lors des Prairiales de juin dernier. Depuis 2007, l’étude de ce système mobilise les Chambres d’Agriculture normandes, la ferme expérimentale de la Blanche Maison, l’Institut de l’élevage, l’INRA et le Segrafo (association pour la promotion et le développement du séchage en grange). Parmi les actions engagées (comparaison de rations, mesure de la valeur alimentaire des foins, suivi technico économique d’exploitations), une comparaison de mélanges d’espèces doit permettre de conseiller les éleveurs lors de l’implantation d‘une prairie fauchée. Ce projet dure 3 ans et bénéficie d’un cofinancement national du Ministère de l’Agriculture (fonds Cas Dar).

Pourquoi comparer des prairies multiespèces ?
Que ce soit pour implanter des prairies temporaires incluses dans des rotations ou des prairies de longue durée, il peut être intéressant de mélanger plusieurs espèces (légumineuses pour l’azote, différentes durées de vie, etc.). Nous avons fait le choix de comparer des mélanges dédiés à la fauche, constatant que les éleveurs équipés de séchoirs en grange étaient à la recherche de prairies temporaires productives permettant de bonnes performances zootechniques. Nous avons composé sept mélanges (voir tableau) en nous inspirant des prairies semées par les éleveurs équipés de séchoirs. Nous les avons implantés en septembre 2006 pour une durée de 3 ans minimum. Les mélanges sont répétés trois fois dans chaque site et reproduits à l’identique dans les départements normands afin de tester leur résistance à des conditions pédoclimatiques différentes. Les sols sont plutôt de bon potentiel. Les légumineuses doivent permettre de réduire la fertilisation azotée, limitée à 50 unités en sortie d’hiver. Nous ajustons la fertilisation PK avec une analyse foliaire chaque année.

Rendement moyen des mélanges (en tonnes de MS/ha)

Une première année riche d’enseignements
Les mélanges ont globalement bien levé. Les légumineuses ont toutefois souffert d’un hiver doux qui a favorisé les graminées, et de la concurrence locale d’adventices annuels de jeunes prairies (mouron des oiseaux notamment). Les taux de trèfles sont donc très variables d’un site à l’autre. Les luzernes n’ont jamais levé (semis trop tardif ?). Quant aux petites légumineuses (lotiers et minette), elles ont souffert de la concurrence des plantes plus puissantes dans ces sols bien pourvus en éléments fertilisants. Les adventices, quant à elles, ont disparu dès la première coupe. Le rendement moyen des mélanges est assez homogène, autour de 12 tonnes de matière sèche à l’hectare, ce qui constitue un bon rendement pour une première année d’implantation. Le mélange composé de dactyle, brome et luzerne est bien moins productif (9 T) car la luzerne et le brome se sont peu, ou pas, implantés. Les résultats sont toutefois très hétérogènes d’un site à l’autre. La faute en incombe, d’une part à des dates de deuxième récolte très décalées (plus d’un mois d’un site à l’autre) à cause de la météo désastreuse de juin et juillet, d’autre part à des taux de légumineuses très différents. Ces observations et estimations de rendements continuent pendant deux ans au minimum. Il est intéressant d’observer le devenir des espèces implantées et d’observer si certaines prennent le relais quand les plus productives (trèfle violet, ray-grass hybride) sont aussi les moins pérennes.



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Certains mélanges conviennent à des sols sains (1, 2 et 3).
Le n°4 est destiné à des sols séchants, le 5 à des sols humides.
Le n°6 doit assurer une forte production (ray-grass hybride et luzerne).
Le n°7, enfin, permet de simuler l’intérêt de mélanger de nombreuses espèces comme le proposent des spécialités commerciales.


Septembre 2008
Oliver Camacho - 02 31 31 87 64