Législation
Les nouveaux délais de prescription civile
|  | La prescription est un mécanisme qui permet de donner une certaine sécurité juridique à des actes ou situations ayant suffisamment perduré dans le temps. Au-delà des délais fixés par la loi, l’acte ou la situation ne peut plus être remis en cause. La dernière grande réforme des délais a eu lieu en juin 2008 et elle a apporté des modifications notables.
Il existe deux types de prescriptions, extinctive et acquisitive. La première est une extinction d’un droit par suite de l’inaction de son titulaire pendant un certain laps de temps (exemple : les fermages non payés ne peuvent plus être réclamés après un délai de 5 ans). La seconde, quant à elle, est un moyen d’acquérir un bien ou un droit par le biais d’une possession sans avoir besoin d’avoir un titre de propriété (exemple : pour acquérir la propriété immobilière d’un bien, il faut le détenir pendant 30 ans ou pendant 10 ans si vous êtes de bonne foi et disposez d’un juste titre). Les règles de la prescription ont été fixées en 1804 et ont été peu modifiées depuis. La règle commune issue de 1804 était un délai de prescription extinctive de 30 ans. Ce délai était d’application générale. La loi du 17 juin 2008 a ramené ce délai commun à 5 ans.
Ce nouveau délai de 5 ans …s’applique aux actions personnelles (celles résultant d’un rapport entre deux ou plusieurs personnes, ex : responsabilité civile) ; aux actions mobilières (celles portant sur un bien meuble). Ce délai s’applique aussi pour les actions commerciales. Tout principe ayant ses exceptions, les actions en responsabilités nées en raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel de la victime se prescrivent par 10 ans. La victime doit donc agir dans ce délai pour obtenir réparation. Passé ce laps de temps, il n’est plus possible pour elle d’agir en responsabilité contre l’auteur du dommage. Des exceptions antérieures à la loi de 2008 sont maintenues comme pour les actions des professionnels pour les biens et services qu’ils fournissent aux consommateurs (délai de 2 ans), et les actions réelles (relatives à la propriété) immobilières (délai de 30 ans). Le point de départ du délai est le jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. Les délais peuvent subir des aménagements dans le cadre de contrat alors que cela n’était pas possible avant juin 2008. En effet sous réserve de ne pas prévoir une prescription inférieure à 1 an ou supérieure à 10 ans, les parties peuvent librement aménager les règles de prescription applicables audit contrat (exemple : augmenter le délai à 7 ans ou le réduire à 3 ans). Ces aménagements ne sont cependant pas possibles pour les contrats conclus entre professionnels et consommateurs mais également non accessibles à certains domaines protégés par la loi (action en paiement des salaires, pensions alimentaires, loyers ou sommes intérêts des sommes prêtées).
Mesures spécifiques Les nouveaux délais sont entrés en application le 19 juin 2008. Des mesures spécifiques ont cependant été prises pour cette application pour tenir compte des délais déjà écoulés. Pour les prescriptions acquises au 19 juin 2008, la nouvelle loi n’a aucune incidence. Le délai est par définition écoulé. Pour les prescriptions non acquises (délais toujours en cours), si la durée est allongée par la loi, alors le nouveau délai s’applique mais en tenant compte du temps déjà écoulé.
Exemple : le recouvrement des frais dus au notaire bénéficiait avant 2008 d’une durée de prescription de 2 ans. La nouvelle loi a allongé le délai à 5 ans. Si la créance est née le 19 mai 2007, il s’est écoulé 1 an et 1 mois au jour de l’entrée en vigueur de la loi, il reste donc à compter du 19 juin 2008, 3 ans et 11 mois au notaire pour demander le paiement des frais.
Si la durée de prescription est réduite par la loi, le nouveau délai commence à courir à partir de la date d’entrée en application de ladite loi (19 juin 2008) mais sans que la durée totale excède la durée fixée par les anciens textes.
Exemple : pour demander une créance de salaire différé, le délai avant 2008 était de 30 ans. Le nouveau délai au 19 juin 2008 est de 5 ans. Si le décès au eu lieu le 19 juin 2003, au 19 juin 2008 il s’est déjà écoulé 5 ans, et à partir de ce même jour on applique la nouvelle durée de 5 ans, alors le titulaire d’un droit au salaire différé devra faire sa demande avant le 19 juin 2013.
Autre exemple pour une demande de salaire différé, si le décès a eu lieu le 19 juin 1980, au 19 juin 2008 on applique le nouveau délai de 5 ans mais comme il s’est déjà écoulé 28 ans et que l’ancien délai pour demander son salaire différé était de 30 ans, alors le bénéficiaire a jusqu’au 19 juin 2010 pour en demander le paiement.
Février 2010 Céline Dureuil - Tél. 02 31 70 25 40 |

Autorisations d'urbanisme
|  |  |
Depuis le 1er octobre dernier, les règles relatives aux permis de construire, certificats d’urbanisme et autres autorisations d’urbanisme ont été modifiées. La présentation générale de la réforme vous a été faite dans le numéro 181 - mai 2007 - de Chambr’Agri 14. Maintenant la réforme est entrée en application, ce qui n’est pas sans conséquences pratiques sur les demandes formulées par les agriculteurs. En effet, le but de la réforme est de simplifier les démarches et les procédures. A ce titre les formulaires de demandes d’autorisation sont les mêmes, qu’ils soient pour des exploitants agricoles ou non. De plus, une liste exhaustive de pièces à joindre figure sur lesdits formulaires sans pour autant prendre en compte les spécificités agricoles.
Bien décrire vos projets Ainsi, il convient d’être prudent et de décrire au maximum vos projets afin que ceux-ci soient instruits correctement. Par exemple, si un exploitant désire construire son habitation à proximité de ses bâtiments et en lien avec son activité, il devra utiliser le formulaire "Demande de permis de construire pour une maison individuelle ou ses annexes". Ce formulaire est identique à celui utilisé par les personnes qui ne sont pas exploitantes agricoles. La liste des pièces à fournir ne fait pas mention d’éléments justifiant le lien et la nécessité du projet par rapport à l’activité agricole. Si l’agriculteur qui dépose la demande ne précise pas ces éléments lui-même, le dossier sera traité comme une demande de permis de construire classique. Il pourrait alors y avoir un refus si le projet se situe à proximité de bâtiments agricoles et/ou dans une zone agricole. Si l’exploitant joint à la demande une notice expliquant son projet ainsi que le lien et la nécessité par rapport à son activité, ces éléments seront pris en compte, notamment pour vérifier si le projet peut bénéficier des autorisations de constructions de maisons en dehors des zones constructibles. Un autre exemple, la construction d’une stabulation par un exploitant. Le formulaire à utiliser est "Demande de permis de construire comprenant ou non des démolitions". Dans la liste des pièces à joindre, il n’est pas fait mention de précisions concernant le classement ou non de l’exploitation auprès de la préfecture. Si l’exploitant qui souhaite construire n’est pas classé, il dépend donc de l’application du Règlement Sanitaire Départemental qui prévoit le respect d’une distance de 50 mètres des locaux utilisés par des tiers. Si l’exploitant est classé auprès de la Préfecture, la distance est augmentée à 100 mètres. En fonction de la situation, la distance peut donc être doublée. Ainsi, il est donc très important de décrire et de donner le plus de précisions possibles sur votre projet afin que celui-ci soit instruit comme il le doit.
L’obligation du recours à l’architecte …est toujours applicable dans le cadre des demandes effectuées par des sociétés, sauf pour les EARL composées d’un seul associé. Le recours à l’architecte est également obligatoire pour toute personne, physique ou morale, qui souhaite construire un bâtiment à usage non agricole dont la surface plancher hors œuvre nette est supérieure à 170 m². Pour les bâtiments agricoles, le seuil est fixé à 800 m² de surface hors œuvre brute. Les délais d’instructions sont maintenant affirmés clairement. Ils sont de 2 mois pour une construction de maison et 3 mois pour les bâtiments agricoles. Passés ces délais, en l’absence de réponse, le permis est tacite, c’est-à-dire accordé. Cependant l’administration dispose d’un délai de 3 mois à compter de l’obtention de l’autorisation tacite pour la retirer si elle s’avère illégale. Il est donc prudent d’attendre un délai de 3 mois avant de commencer les travaux dans le cadre d’une autorisation tacite. Le délai de recours des tiers n’a, quant à lui, pas été modifié, il reste de 2 mois à compter de l’affichage du permis sur le terrain.
Décembre 2007 Céline Dureuil - Tél. 02 31 70 25 40
|
|

Contrôle des structures : une procédure assouplie
|  | La loi d’orientation agricole de 2006 et son décret d’application de mai 2007 apportent des aménagements aux contrôles des structures. Ci-dessous, le détail de la nouvelle procédure qui se trouve relativement assouplie.
Les demandes d’autorisations préalables d’exploiter sont à adresser, par courrier recommandé avec accusé de réception, ou à déposer au service instructeur de la DDAF. Après vérification des pièces et dès lors que votre dossier sera jugé complet, vous recevrez un accusé de réception en remplacement du récépissé habituel.
Les autorisations d’exploiter étant délivrées à titre personnel et nominatif par le Préfet, c’est en général l’exploitant qui envisage de reprendre les terres concernées et qui doit demander l’autorisation d’exploiter. Ainsi, si les terres sont exploitées en société, la demande d’autorisation sera déposée au nom de celle-ci. Le service instructeur devait jusqu’alors obligatoirement informer les parties qu’elles pouvaient être entendues lors de l’examen du dossier en Commission Départementale d’Orientation Agricole (CDOA). Cette obligation d’information est supprimée. Le service instructeur n’enverra donc plus de courrier indiquant aux personnes qu’elles peuvent être entendues, toutefois, celles qui souhaiteront formuler des remarques orales sur le dossier en CDOA pourront toujours le faire.
Si la demande d’autorisation est relative à l’agrandissement ou à la réunion d’exploitations et si elle porte sur une surface supérieur à 1/2 unités de références (Bessin et Bocage : 45 ha, Pays d’Auge : 55 ha, Plaine : 65 ha), la DDAF fait procéder à une publicité par affichage en mairie. Cette publicité porte sur : la date d’accusé de réception, la localisation des biens et leurs surfaces, l’identité des propriétaires. La CDOA n’est plus consultée systématiquement. Seules seront présentées les demandes d’autorisation d’exploiter pour lesquelles l’exploitant en place n’a pas donné son accord, celles portant sur des terres non libres et celles pour lesquelles une demande concurrente a été formulée dans les 3 mois suivant l’enregistrement. Pour toutes les autres demandes, il n’y aura lus de passage en commission.
Le délai d’instruction est de 4 mois. Il peut être porté à 6 mois en cas de demandes concurrentes. Les candidats, les propriétaires et les preneurs en place en sont informés par lettre recommandée avec accusé de réception avant la fin du délai. Sans réponse de l’administration, passé les 4 mois, l’accord est tacite. Un affichage en mairie est prévu pour toutes les autorisations. Si cette procédure est assouplie, elle sera en moyenne plus longue, au minimum 4 mois voire 6 en cas de concurrence. Ce délai ne sera pas sans conséquence sur d’autres procédures (installation des jeunes agriculteurs, transfert de DPU...). Il convient alors de commencer les démarches suffisamment tôt.
Juillet 2007 Céline Dureuil - Tél. 02 31 70 25 40
*CDOA : Commission Départementale d’Orientation de l’Agriculture
|

Loi pour concilier urbanisme et habitat
|  |  |
Le 21 novembre 2000, le projet de loi relatif à la solidarité et au renouvellement urbain - dite loi SRU - a été adopté en lecture définitive. Validée par le Conseil Constitutionnel le 7 décembre, la nouvelle loi, qui poursuit des objectifs ambitieux, paraîtra bientôt au Journal Officiel.
Nous sommes encore aujourd’hui dans l’héritage des politiques et des pratiques urbaines des années 60. Nos règlements et nos codes se sont peu à peu édifiés mais sans relier entre eux l’urbanisme et l’habitat qui sont pourtant les différentes facettes d’une même réalité. A l’aube du troisième millénaire, il y a une volonté certaine de briser ce cloisonnement qui se traduit fortement dans les dispositions de la nouvelle loi.
Un meilleur équilibre des agglomérations La loi SRU traduit trois préoccupations majeures. En premier lieu, elle vise à définir un meilleur équilibre des agglomérations et une meilleure cohérence des politiques urbaines. Pour l’essentiel, l’équilibre des agglomérations va se traduire par la modification des documents d’urbanisme. D’une part, les schémas de cohérence territoriale (SCOT) vont remplacer les schémas directeurs (SD) et deviendront ainsi le document fédérateur des autres actes de planification. Avec ce nouvel instrument, les élus définiront ensemble l’évolution de l’agglomération et les priorités en matière d’habitat, de commerce, de zones d’activité et de transport, alors que les schémas directeurs portaient essentiellement sur la destination des sols sans prendre en compte les politiques au niveau de l’agglomération. D’autre part, les plans locaux d’urbanisme (PLU) vont se substituer aux actuels plans d’occupation des sols (POS). Destinés à exprimer davantage l’expression d’un projet de développement local que la simple destination générale des sols, ils présenteront le projet urbain de la commune en matière de traitement de l’espace public, du paysage et de l’environnement. Enfin, les documents individuels délivrés aux particuliers sont simplifiés, ce qui leur garantit une certaine sécurité juridique.
Pour une plus grande mixité sociale Assurer ce qu’on appelle la "mixité sociale" par la réalisation de logements sociaux est le deuxième volet de cette loi. Il s’agit de construire des logements sociaux là où il en existe peu ou pas. L’idée sous-jacente est de conforter la politique de la ville dans le sens d’une "ville plus solidaire". Ainsi, les communes urbaines de plus de 3500 habitants (1 500 en Île-de-France), situées dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants et ayant moins de 20% de logements sociaux devront s’engager dans un plan de rattrapage maximum pour atteindre ce seuil dans un délai de 20 ans à compter du 1er janvier 2002. Ces dispositions correspondent à la production d’environ 22 000 logements sociaux par an, soit au total 440 000 logements sur 20 ans.
Une offre d’habitat diversifiée et de qualité La nouvelle loi a aussi pour objectif de garantir une offre d’habitat diversifiée et de qualité, tant pour le logement social que pour l’habitat privé. Elle s’attache à réformer le financement de l’urbanisme pour conforter les moyens d’intervention des collectivités locales afin d’assurer une offre d’habitation diversifiée et de qualité. Ainsi, les procédures publiques d’intervention en matière d’insalubrité et de péril sont révisées afin de clarifier les responsabilités, de faciliter la réalisation des travaux nécessaires et de garantir le droit des occupants en matière de relogement. En outre, il est fait référence au profit des locataires à un "droit au logement décent". La loi prévoit en effet que le logement ne doit pas laisser apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique et à la santé, et qu'il doit être doté des éléments le rendant conforme à l’usage d’habitation. Enfin, le règlement amiable des conflits locatifs sera davantage pris en charge par la commission départementale de conciliation puisque celle-ci pourra être saisie par le locataire ou par le bailleur pour tous litiges individuels alors qu’elle ne pouvait l’être auparavant que pour des litiges liés à la hausse des loyers. Janvier 2001
|
|

Loi d’orientation agricole : apercu des autres mesures
|  |  |
Cette loi prévoit d'autres mesures que nous résumons ici.
Au chapitre des baux, deux apports sont à noter. L’instauration d’un bail cessible hors du cadre familial et la création d’un bail "environnemental", bail dans lequel une clause visant la protection de l’environnement est insérée.
Au chapitre statut du fermage, le partenaire d’un PACS est assimilé au conjoint.
Au volet contrôle des structures, un nouveau régime de déclaration préalable est instauré pour les opérations à caractère familial. L’avis obligatoire de la Commission Départementale d’Orientation Agricole (CDOA) est supprimé. Il devient donc facultatif. Le préfet dispose de deux nouveaux éléments à prendre en compte, les biens corporels et incorporels attachés au fonds et l’intérêt environnemental de l’opération.
Sur le plan des sociétés agricoles, le comité départemental d’agrément des GAEC est rétabli. La transparence des GAEC est renforcée, elle s’applique au domaine économique, social, fiscal, mais aussi juridique voire environnemental. Pour les EARL, elles relèvent de droit à l’impôt sur le revenu qu’elles soient familiales ou non. Les EARL actuellement à l’impôt sur les sociétés ont jusqu’au 6 juillet 2006 pour confirmer cette option ; ce choix est irrévocable.
Sur le plan social, le statut d’aide familial change : il est limité à une durée de 5 ans. Ne sont concernés que les aides familiaux déclarés depuis le 18 mai 2005 et ayant entre 18 et 35 ans. Pour le conjoint, il doit choisir un statut professionnel soit conjoint collaborateur, soit chef d’exploitation, soit salarié, soit maintien du statut de conjoint participant aux travaux. Les conditions de l’option seront fixées par décret. L’accord du chef d’exploitation lors de l’option pour le conjoint collaborateur est supprimé pour les personnes mariées, pacsées ou concubines. Une revalorisation des petites retraites des conjointes est instaurée. La protection sociale des petits exploitants (détenant moins de une demie surface minimale d’installation) est améliorée. La cotisation des associés de sociétés ne participant pas aux travaux est supprimée.
Sur le volet emploi, un congé formation pour les agriculteurs en difficulté sans possibilité de redressement est instauré. Un crédit d’impôt est créé pour le remplacement des exploitants agricoles. Ce crédit est octroyé pour les dépenses de remplacement engagées entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2009. Ce crédit s’élève à 50 % des dépenses engagées avec un plafond à 14 jours par an pour chaque exploitation.
Sur le volet bâtiments-réciprocité, le délai de recours des tiers contre les installations classées relatives aux élevages passe de 4 ans à 1 an. Une modification du principe de réciprocité est apportée. Cette règle s’applique désormais aussi à tout changement de destination non agricole d’un bâtiment nécessitant un permis de construire. Cependant une atténuation à la réciprocité a été introduite dans la loi, il est possible d’admettre une dérogation sous la forme d’une convention de servitude. Les extensions de bâtiments relevant de la réglementation des installations classées ne sont pas concernées par cette possibilité.
Mai 2006 Céline Dureuil - Tél. 02 31 70 25 40
|
|

Loi d'orientation agricole : le fonds agricole
|  | Une des mesures phare de la loi d’orientation agricole version 2006 est la possible création par les exploitants agricoles d’un fonds, en référence au fonds de commerce. Cette mesure s’inscrit dans l’objectif de transformer les exploitations en véritables entreprises, favorisant la constitution d’entités économiques durables et facilitant la transmission des entreprises agricoles. Ce fonds, optionnel, ne peut être composé que d’éléments préalablement définis.
Un fonds optionnel La décision de créer un fonds agricole appartient au seul exploitant ; elle n’est pas obligatoire. La nature du fonds est civile tout comme l’est l’activité agricole. À titre d’avantages on peut citer, la création d’une structure juridique pour une exploitation individuelle. L’exploitant pourra alors appréhender de manière globale son outil de production. Un fonds agricole devient un outil de gestion au service de l’exploitant qu’il soit fermier ou propriétaire. Pour ce dernier la création d’un fonds lui permettra de réaliser une séparation entre le support foncier et l’exploitation économique. Il peut jouer un rôle dans la transmission de l’exploitation et devenir un instrument de crédit en offrant une garantie supplémentaire aux banquiers. Côté inconvénients, en cas d’association avec un bail rural cessible (Chambr’Agri n° 168 mars 2006), un surcoût peut apparaître du fait de l’augmentation du fermage.
La composition du fonds Les éléments susceptibles de faire partie du fonds agricole ne sont pas énumérés strictement. Le législateur fait référence aux seuls biens du fonds pouvant être nantis, c’est-à-dire pouvant faire l’objet d’un gage sans dépossession de l’exploitant. Ces biens sont le cheptel mort et vif, les stocks, les dénominations, la clientèle, les brevets, les contrats cessibles, les contrats et droits incorporels servant à l’exploitation du fonds. Ainsi on peut y trouver un bail rural cessible et des droits à paiement unique (DPU). L’agriculteur dispose d’une grande liberté dans l’évaluation du fonds.
Les opérations possibles Différentes opérations sont envisageables sur un fonds agricole. Tout d’abord la vente : là où auparavant il y avait plusieurs ventes relatives aux différents éléments composant l’exploitation, il n’y aura plus désormais qu’une seule vente. La loi n’a prévu aucune formalité particulière. Vient ensuite l’apport. Un fonds peut être apporté à une société d’exploitation. Puis le nantissement. C’est un gage sans dépossession de l’exploitant. En nantissant son fonds agricole, l’exploitant bénéficie d’une garantie plus grande pour ses crédits. Enfin la donation. C’est dans une optique de favoriser la transmission que la loi d’orientation a prévu une exonération de droits de mutation à titre gratuit lors d’une donation du fonds, d’une valeur inférieure à 300 000 €, à un salarié. Ainsi plus qu’un outil de gestion de l’exploitation agricole, le fonds agricole tel que créé par la loi d’orientation agricole apparaît comme un outil au service de la transmission des exploitations.
Les formalités La création d’un fonds agricole sera à déclarer au Centre de Formalité des Entreprises (CFE) de la Chambre d’Agriculture. À ce jour les modalités pratiques de cette inscription ne sont pas connues.
Avril 2006 Céline Dureuil - Tél. 02 31 70 25 41 |

|