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Bienvenue, 2010
Adieu 2009, année de crise sans précédent pour l’agriculture française, tous secteurs confondus. Adieu, Mme Fischer Boel et votre inflexibilité face à une crise agricole européenne. Adieu, à votre entêtement pour le libéralisme à tout va qui n’a jamais garanti sécurité alimentaire, qualité des aliments, et maintien d’un maximum d’agriculteurs vivant correctement de leur métier. Adieu, nous n’oublierons pas le cadeau empoisonné que vous nous avez laissé avant de partir. En supprimant les aides à l’exportation et en diminuant les subventions sur les produits laitiers, vous avez affaibli l’agriculture européenne face aux grands pays exportateurs. Adieu, je l’espère, à cette sensation désagréable pour notre profession du manque de solidarité entre acteurs d’une même filière : producteurs, transformateurs, distributeurs. Adieu, contractualisation sans dialogue préalable, prête à nous ficeler, nous enchaîner, nous privant ainsi de toutes libertés.
Bienvenue, 2010. Bienvenue à ce timide rayon de soleil apporté par quelques indicateurs positifs comme la reprise timide de la bourse, le retour aux investissements par les grandes entreprises et à l’augmentation sensible de la consommation. Bienvenue au discours de notre président de la République. "La France ne laissera pas tomber ses paysans". "La Terre fait partie de l’identité nationale française". Espérons que ces phrases et ces mots ne restent pas vains et qu’ils soient bien retranscrits dans la future Loi de Modernisation Agricole. Nous avons bien entendu que cette loi doit permettre à l’agriculture française de redémarrer dans de meilleures conditions et de préparer les agriculteurs à passer le cap 2013. Elle doit également définir une réelle politique de l’alimentation. Revoir la compétitivité de l’agriculture française, souvent en distorsion de concurrence avec ses charges sociales, fiscales et ses contraintes environnementales plus élevées. Sans oublier une gestion plus rigoureuse du foncier. Nous resterons vigilants, les Chambres d’Agriculture feront des propositions. Mais ce qui sera retenu et inscrit dans cette loi traduira l’intérêt que notre gouvernement porte à son agriculture et à ses agriculteurs.
Toute nouvelle année apportant son lot d’espoir, croyons au dialogue, à l’ouverture et à la solidarité nécessaires à la défense de notre profession. Je vous souhaite ainsi qu’a vos proches une bonne année 2010.
Michel Legrand, Président
Décembre 2009
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Plus que jamais, votre Chambre est à vos côtés
Beaucoup plus que la plupart des autres branches d’activité, l’agriculture se trouve directement confrontée à des défis majeurs : - les pressions économiques sur les différentes filières, aggravées par la crise actuelle, - les pressions grandissantes sur les questions environnementales, pour lesquelles les responsabilités des agriculteurs sont évidemment mises en avant.
Par l’intermédiaire de nos élus et l’implication de nos collaborateurs sur le terrain, nous sommes conscients des difficultés que cela entraîne pour vous au quotidien et des incertitudes qui en découlent naturellement. Par définition et par mission, nous sommes solidairement engagés à vos côtés pour y faire face. Pour faire mieux, nous sommes en train de nous réorganiser. En l’espace de quelques années, les lieux de réflexions et les centres de décisions se sont déplacés : - plus au niveau de l’Europe que de la France, - plus au niveau régional que national, - plus au niveau local que départemental. Cette évolution inéluctable est particulièrement sensible pour tous les sujets touchant à l’agriculture. Pour "coller" à cette réalité, le Groupe Chambres d’Agriculture a engagé un projet de réforme. Très concrètement, notre réorganisation va nous permettre de remplir mieux nos missions : - en vous représentant au bon endroit au bon moment afin de contribuer au débat et peser sur les décisions, - en vous donnant accès à des services et des expertises nouvelles qu’il était impossible de mettre en place à l’échelle du département, - en favorisant la montée en compétence de nos équipes par les échanges que nous allons développer par un fonctionnement en réseau de l’ensemble des Chambres d’Agriculture. Ce projet a pour ambition de construire avec vous le futur de l’agriculture. C’est la raison pour laquelle nous l’avons baptisé "Terres d’Avenir".
C'est dans ce contexte que les Chambres d'Agriculture normandes, réunies en congrès le 21 septembre 2009, ont adopté et signé un pacte d'engagement dans un projet de mutualisation régionale. "Nous, élus des Chambres d'agriculture du Calvados, de l'Eure, de la Manche, de l'Orne, de la Seine-Maritime et de Normandie, décidons de renforcer l'efficacité de nos Chambres d'agriculture pour assurer à chacun de nos ressortissants, clients et partenaires, une représentation professionnelle solide et un service performant de proximité". Aussi les Chambres d'Agriculture normandes ontelles identifié différents domaines de mutualisation possibles tant au niveau des activités (élevage, agronomie- productions végétales, formation…) que des fonctions supports internes (informatique, marketing, communication…). D'ores et déjà, la conduite d'une expertise approfondie est prévue pour chaque domaine afin de vérifier la valeur ajoutée apportée par la mutualisation. La mise en oeuvre de la nouvelle organisation mutualisée pourra alors être décidée en connaissance de cause.
À suivre.
Michel Legrand, Président Elisabeth Pirat, Directrice Générale
Novembre 2009
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Solidaire face à la crise : La Chambre d’Agriculture s’engage
L'effondrement des prix dans tous les secteurs d’activité agricoles induit des répercussions sur la trésorerie des exploitations. Par solidarité avec les agriculteurs, la Chambre d'Agriculture du Calvados a pris la décision d’accorder plus de souplesse quant au délai de paiement de ses prestations. Nous sommes toujours à votre écoute et, à ceux qui le souhaitent, nous sommes également en mesure de proposer un échéancier pour étaler les règlements. Établissement public placé sous la tutelle de l’État, nous avons cependant l’obligation, lorsque les factures sont émises, de les recouvrer selon une procédure bien déterminée : plusieurs rappels, recommandé… Pour éviter ces désagréments, des aménagements sont possibles, n’hésitez pas à nous contacter. Nos équipes, élues et techniques, sont toujours à votre écoute et à votre disposition pour tous renseignements.
Par ailleurs, si vous souhaitez un appui plus personnalisé face aux problèmes de trésorerie engendrés par la crise, nos conseillers d’entreprise, en plus des outils technicoéconomiques existants, vous proposent un nouveau service afin de réagir rapidement ; baptisé Suivi'tréso. Conscient des difficultés que vous pouvez rencontrer, le bureau de la Chambre d’Agriculture a décidé de prendre en charge une partie du coût de ce service, exprimant ainsi sa solidarité avec les agriculteurs dans ce contexte particulièrement difficile.
Octobre 2009 Michel Legrand Président
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Grève du lait !
Après avoir participé à plusieurs manifestations et réunions diverses suite à la baisse du prix du lait, je ne peux qu'être solidaire face au désarroi et à l'inquiétude des producteurs. Lorsque nous ne sommes pas d’accord, pouvoir discuter et négocier avec les autres acteurs de la filière et faire remonter nos inquiétudes auprès des pouvoirs publics reste bien entendu la meilleure solution. Mais après un mois de blocage et de discussions stériles, je comprends la réaction des producteurs de tous bords et indépendants, inquiets pour leur avenir, et leur décision de prendre en main leur destin.
L’idée de la grève du lait poursuit son chemin, l’idée n’étant pas si absurde puisque les principaux pays producteurs européens, qui ont pourtant des charges et des contraintes moins importantes que les nôtres, sont prêts à suivre le mouvement. Elle n'a pas pour but, contrairement à ce que j’ai souvent entendu, de jeter du lait mais de démontrer que, sans prix rémunérateurs, les producteurs sont capables de cesser leurs livraisons afin de se faire respecter et de retrouver un revenu digne du travail fourni.
Quoi de plus logique lorsque le prix du lait ne couvre plus, pour bon nombre de producteurs, les coûts de production ce qui remet en cause les installations et les investissements récents. Alors, pourquoi s'opposer à cette initiative ? Pourquoi vouloir diviser les producteurs, réunis pour défendre leur revenu ? N'ont-ils pas le droit de reprendre leur destin en main, de refuser qu’on leur impose un prix et une façon de vendre, décidés sans eux ? Pour reprendre une expression récente, le prix du lait n’est ni de droite ni de gauche. Il est l’affaire de tous les producteurs qui doivent être entendus et pouvoir participer aux décisions qui seront prises pour leur avenir. C’est dans cet esprit que s’inscrit ce mouvement, le but étant de retrouver un partenariat gagnant-gagnant avec leurs laiteries, nécessaire pour l’ensemble de la filière. Empêcher ce mouvement donnera raison aux transformateurs et aux distributeurs qui sauront tirer profit de la division du monde agricole. Car qui aujourd’hui a intérêt de voir le prix du lait rester à un niveau aussi bas ? Certainement pas les fabricants d’aliments qui ont vu leurs ventes chuter de 20 % ; ni les entreprises d’approvisionnement, dont certaines commencent à rencontrer des difficultés pour se faire régler leurs factures. Certainement pas les organismes de services qui subissent déjà le manque de trésorerie de leurs adhérents et clients ; les propriétaires non plus qui verront leurs fermages diminuer alors que leurs charges ne cessent d’augmenter. Certainement pas non plus les salariés agricoles et du para agricole qui, sans revenu et investissements des agriculteurs, risquent de se retrouver sur la brèche. L’agriculture a besoin de prix rémunérateurs pour vivre et faire vivre autour d’elle. Demander 400 euros des mille litres est-il utopiste ? Sachant qu’une récente étude du Comité Économique et Social met en évidence qu’à 300 euros un producteur moyen de l’ouest de la France dégage un revenu de 16 000 euros par an. Est-ce trop lorsque l’on connait les contraintes et astreintes de la production ? Ce qui est sûr, c'est que signer un accord à 280 euros après avoir accepté des installations et des financements à 300 euros, est loin d’être acceptable et risque de mettre de nombreux jeunes et producteurs en difficulté.
Le prix du lait ne doit pas être un combat d’idées. Responsables d’Organisations Professionnelles Agricoles, nous devons avant tout rester agriculteurs et écouter les préoccupations de ceux qui nous ont élus. Producteur laitier dans l’âme après avoir pratiqué pendant 30 ans, je me sens encore aujourd’hui très proche de ces derniers qui exercent une production certes intéressante mais dont les conditions méritent une juste rémunération et la considération des autres acteurs de la filière.
Août - Septembre 2009 Michel Legrand Président
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Ce mal devenu incontournable
Les producteurs de lait se trouvent plongés dans un profond désarroi, le prix du lait imposé sur leur feuille de paie du mois d’avril s’apparente tout simplement à de la provocation.
Après avoir répondu favorablement aux normes de qualités, aux contraintes environnementales, qui ont un coût, leur engagement se transforme en un véritable cauchemar. Les transformateurs affirment ne pouvoir faire autrement, les distributeurs par la voix de leur chef d’orchestre (Michel Édouard Leclerc) jurent leur grand dieu, ne pas être responsables. Partie de poker menteur !!! Que certains transformateurs, mal positionnés sur le marché mondial éprouvent des difficultés nous pouvons le comprendre. Par contre, une baisse aussi brutale, -30 %, engendrant une perte de 2 500 à 3 000 euros pour le seul mois d’avril, appliquée sans négociations et qui ne respecte ni le travail ni les investissements est absolument intolérable. Intolérable, il n’y a pas d’autre mot pour qualifier le comportement de la grande distribution se sachant devenue incontournable, pourtant montrée du doigt dans le rapport d’Eric Besson remis à François Fillion fin décembre 2008, confirmant que le prix des produits alimentaires à la consommation ne sont pas le plus souvent liés aux prix à la production. Intolérable qu’il soit permis à ces grands groupes de profiter de leur quasi-monopole pour se mettre d’accord afin de faire pression sur leurs fournisseurs avec menaces de déréférencement ou mise à l’écart. Intolérables les marges arrière imposées qui s’apparentent à un véritable racket. Intolérable, mais connu de tous depuis longtemps, Michel Barnier, Ministre de l’agriculture et de la pêche, peste contre la seule loi du marché, loi du plus fort et du moinsdisant. Mariann Fischer Boel, Commissaire européenne à l’agriculture, dénonce le comportement de six ou sept grands groupes de distribution et pourtant rien n’est fait pour moraliser ces pratiques qui sont devenues pour d’autres illicites. Les producteurs de lait vivent leur métier avec passion, malgré l’astreinte quotidienne et les contraintes liées à cette filière. Souhaitons que cette passion ne se transforme pas en découragement poussé par ce mal incontournable, sans foi ni loi de la grande distribution.
Juin 2009 Michel Legrand Président
 | Crise laitière |  | | | Le Comité des Organisations Professionnelles Agricoles du Calvados (COPA) s'est réuni le 27 mai, à l'initiative de la Chambre d'Agriculture du Calvados. Le communiqué ci-dessous exprime la position commune exprimée par les organisations membres :
Depuis plusieurs jours, les producteurs de lait de notre département manifestent leur inquiétude face à la baisse conséquente du prix du lait et sa traduction brutale observée sur le paiement du lait d’avril 2009. Nous partageons leurs préoccupations, comprenons les réactions suscitées et sommes solidaires. Nous avons à ce propos interpellé, via un courrier commun, Monsieur le Préfet, Madame le Président du Conseil Général, Mesdames et Messieurs les Députés et Monsieur le Président du Conseil Régional. Nos Organisations Professionnelles Agricoles sont à votre écoute, n’hésitez pas à prendre contact avec nos services.
Chambre d’Agriculture du Calvados, URDAC, FDSEA du Calvados, Jeunes Agriculteurs du Calvados, Confédération Paysanne, UCL Isigny-Ste- Mère, Coopérative Agrial, Coopérative agricole de Creully, Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de Normandie, Crédit Mutuel du Calvados, Groupama Centre Manche, MSA du Calvados, Syndicat de Contrôle de Performance en Elevage et de Conseil du Calvados.
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Compenser la baisse des aides
La compensation des aides aux agriculteurs - aides versées par l'Union Européenne dans le cadre de la Politique Agricole Commune - est toujours un sujet difficile à aborder tellement les exploitations et les systèmes de production sont différents. Depuis l’annonce, par le ministre de l’Agriculture, de la redistribution de ces aides, chacun y va de sa propre réflexion.
Tout d'abord, il me parait important de rappeler que les charges de mécanisation, dans le Calvados, sont plus élevées qu’ailleurs d’environ 100 à 150 euros à l'hectare. C'est un fait démontré par diverses études conduites ces dernières années, et la Chambre d'Agriculture du Calvados a mobilisé la profession agricole, autour de l'opération "Économies, j'agis !", pour infléchir cette tendance. Face aux 70-80 euros de baisse annoncée des aides pour les céréaliers et les éleveurs les plus intensifs, ce constat doit nous faire réfléchir. Sans prétendre avoir de solution miracle, l’achat de matériel en commun, le recours aux entreprises de travaux agricoles peuvent nous permettre de diminuer nos charges. La CUMA apporte la solution de l’investissement à plusieurs, d'un matériel toujours performant, entretenu pour un coût modéré. Le recours aux entreprises (ETA) évite d’investir dans un matériel difficilement amortissable sur une seule exploitation ; il présente aussi l'avantage, le facteur temps devenant essentiel dans nos métiers, de nous libérer de certaines tâches et de nous permettre de nous consacrer pleinement à nos productions. D'autres solutions existent mais celles-ci doivent être privilégiées avant de tomber dans la facilité qui consisterait - je l’entends trop souvent aujourd’hui - à réduire la main d’oeuvre sur son exploitation ou à reporter l’embauche, pourtant devenue nécessaire, d’un salarié. Nos exploitations sont de véritables entreprises, les sommes investies sont importantes, la charge de travail également. Pouvons nous prendre le risque d’être absents de façon imprévue ne serait-ce que trois jours ? Sécuriser nos investissements, garantir le fonctionnement quotidien de nos outils de travail deviennent donc des priorités. La forme sociétaire ne pouvant convenir à tous, le salariat s’impose comme la solution de demain, nous apportant l’avantage de travailler à deux, la sécurité de nos exploitations, la possibilité de nous former, mais aussi de passer du temps en famille, de prendre des vacances… Le salariat ne doit donc plus être considéré uniquement comme une charge, mais comme un véritable investissement pour l'avenir de l'agriculture.
Mai 2009 Michel Legrand Président
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Marge
Sauf à être troglodyte où habiter vingt mille lieues sous les mers, le mot "crise", ces derniers temps, n'a pas pu échapper à vos oreilles. La crise est là, relayée à toute heure de la journée par des médias qui s'interdisent toujours de mettre en avant ce qui va bien. Mais n'en font-ils pas trop et, en entretenant ainsi la morosité ambiante, ne contribuent-ils pas à amplifier la situation ?
Si les premiers effets de la crise actuelle - faillites d'entreprises, chômage… - se font ressentir, l'agriculture ne sera pas forcément touchée de la même manière. En effet, si le ralentissement de la consommation finit par peser sur les prix agricoles, la baisse déjà amorcée de nos coûts de production devrait servir d'amortisseur. Par ailleurs, qui dit que, dès demain, il ne sera pas vital et urgent de produire ? Produire plus et mieux, dynamique dans laquelle les agriculteurs du Calvados sont d'ores et déjà engagés. Face à cette crise, l'agriculture pourrait donc - c'est ma conviction personnelle - tirer une fois de plus son épingle du jeu, comme elle a su le faire par le passé dans les périodes difficiles. Dans un tel moment, se recroqueviller sur soi-même et s'inscrire dans l'immobilisme serait, de toute façon, la pire des attitudes. Par contre, nous sommes sur des marchés de plus en plus volatils et ceci doit nous inciter à plus de prudence. Les marges de sécurité sur nos exploitations devront, à l'avenir, être plus grandes, pour faire face à ce "yoyo" des prix.
Compétitivité et optimisation devront encore être renforcées en prenant en compte le potentiel de nos entreprises. Une analyse plus pointue des reprises ou investissements sera obligatoire et nous savons déjà que, plutôt que "prix" et "chiffre d'affaires", le mot "marge" prendra demain, plus que jamais, toute son importance.
Mars 2009 Michel Legrand Président
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PROVOCATION ?
Gervais-Danone a innové, cette année, dans la manière de souhaiter un joyeux Noël à ses producteurs de lait. Il leur a envoyé, le 10 décembre, un courrier les invitant à limiter au maximum leurs livraisons du 20 décembre au 2 janvier, et en particulier le 25 décembre et le 1er janvier.
Provocation ou preuve d'un manque total de considération pour les éleveurs ? Gervais- Danone est-il à ce point déconnecté du "terrain" qu'il en oublie qu'une vache laitière produit du lait chaque jour, même les jours fériés ? Estime-t-il que producteurs et animaux doivent se soumettre à ses desiderata ? Il y a un an, alors que l’Europe entière manquait de lait, nous avons répondu à la demande des transformateurs pour satisfaire leurs besoins, leur chiffre d’affaires, leur marge et, pour certains, la rémunération de leurs actionnaires.
Nous payons au prix fort aujourd’hui ce bel effort d’adaptation, avec une surproduction qui provoque à nouveau la chute des cours. Les producteurs de lait qui ont joué le jeu, faisant une fois de plus confiance aux autres acteurs de la filière, en sont pour leurs frais, privés de tout retour sur investissement. Les accords récents sur la baisse du prix du lait, imposés par les transformateurs et acceptés par les responsables de la profession pour maintenir une filière compétitive, viennent de montrer leurs limites. On aurait pu s'attendre, de la part de transformateurs ayant obtenu satisfaction, à un peu plus d’égard envers les producteurs laitiers. La pilule est amère ; Gervais-Danone vient de nous faire savoir le peu de cas qu'il fait de notre situation. Ce courrier méprisant qui nous donne l’impression d’avoir été les dindons de la farce, doit nous faire réfléchir. Notre lait nous appartient et nous sommes en droit d'en attendre, non seulement une juste rémunération mais aussi un minimum de considération.
Dans l'immédiat, vexés par de telles méthodes, les producteurs pourraient en retour boycotter les produits Gervais-Danone, en guise de réponse du berger à la bergère.
Janvier 2009 Michel Legrand Président |