Distributeur automatique de lait

Le DAL : distributeur automatique de lait pour les veaux


La distribution du lait pour les veaux demande un temps de travail non négligeable quotidiennement. C’est la raison essentielle qui incite les éleveurs à investir dans le distributeur automatique de lait (DAL).

Automatiser la distribution du lait pour les veaux
Les veaux sont logés dans une ou plusieurs cases collectives. Généralement la case est équipée d’une stalle avec une tétine qui peut être rétractable. En pénétrant dans la stalle, le veau est identifié par l’automate, via une boucle d’oreille, voire un collier, et sa ration quotidienne lui est distribuée en plusieurs repas (de 2 à 6) en fonction du plan d’alimentation retenu. Ce plan est programmé dans un ordinateur spécifique au DAL ou dans un autre PC ayant d’autres fonctions (DAC, logiciels divers…).
Le DAL assure le réchauffement du lait entier ou le mélange de quantités précises de poudre de lait et d’eau aux températures de dilution et consommation fixées.


Les précautions à prendre pour installer un DAL
Il est important de prévoir un local fermé de 5 à 10 m2 pour l’automate, mais aussi pour le stockage de la poudre de lait, voire du bac réfrigérant.
Le logement des animaux se fait en une ou deux cases collectives, à raison de 2 m2 par veau. Il est préférable d’avoir 2 cases pour atténuer l’hétérogénéité des lots. Dans ce cas, l’accès à la stalle est réglé par un portillon.
La stalle mesure 1,3 m de long à partir de la tétine, 0,65 m de largeur. Au sol, il est indispensable de gérer les écoulements (lait, bave, urine) et donc de prévoir un caillebotis ou une dalle inclinée permettant un écoulement des jus et le nettoyage de l’appareil.
Une alimentation en eau est à prévoir pour préparer la poudre, bien sûr, mais aussi assurer le lavage. La protection anti-gel doit également être prévue afin d’éviter des désagréments.
La stalle devra être installée le plus près possible de l’automate pour limiter les quantités de lait résiduel dans le tuyau.
L’aspect le plus délicat à gérer reste l’ambiance du bâtiment. Là où les cases collectives sont grandes, le volume d’air peut être très important, et les courants d’air difficiles à gérer. Différentes observations ont montré une augmentation des problèmes pulmonaires dans les élevages équipés de DAL. Il est indispensable de faire réaliser un diagnostic d’ambiance par un spécialiste.
Le plan d’alimentation
Le principe de l’alimentation lactée ne change pas par rapport à une distribution classique. Après avoir distribué le colostrum pendant les premiers jours, le veau consomme de plus en plus d’aliment lacté. Le maximum de matière sèche ingéré doit être atteint dès la quatrième semaine de vie. Le nombre de repas, programmable sur 24 heures, se situe généralement de 2 à 4.
L’adaptation des veaux au DAL ne pose en général pas de problème. L’adaptation paraît cependant plus facile lorsque le colostrum aura été distribué en seau à tétine.
La surveillance des animaux doit être fréquente. Le contrôle des quantités se fait au niveau de l’automate, mais le suivi des animaux c’est l’œil de l’éleveur. Tout retard d’intervention lors d’un problème sanitaire sera lourdement sanctionné.


L’entretien du matériel

Chaque jour le système de réchauffage du lait et le bol de mélange doivent être nettoyés ainsi que la sonde mesurant la température de buvée. Le nettoyage se fait selon le même principe qu’une machine à traire.
La tétine est également à nettoyer tous les jours afin de limiter les contaminations bactériennes. Une fois par semaine, la trémie de stockage de poudre et les abords seront à nettoyer. Régulièrement, la température de buvée (40°C) sera vérifiée. Le calibrage de l’appareil est nécessaire une fois par an.
 
Le DAL est un outil, il ne remplace pas l’éleveur. Il permet de réduire le temps d’astreinte et de réduire la pénibilité du travail, mais le temps de travail global n’est pas réduit car la surveillance des animaux doit être accrue. La machine exécute les tâches pour lesquelles elle est programmée. Son installation dans un bâtiment, son utilisation et son entretien sont des facteurs qui vont conditionner son efficacité et donc son intérêt. Une étude réalisée à la station expérimentale de Mauron a montré des croissances comparables au système classique au sevrage, par contre au cours du mois qui suit le sevrage les croissances sont supérieures pour arriver à un gain de 6 kg à 112 jours. Les diarrhées ont également été moins fréquentes.


Témoignage de Bertrand Bricon


Installé en 1993 à Notre Dame de Fresnay, Bertrand Bricon exploite une surface de 70 ha avec un troupeau de 35 vaches Prim’Holstein. Utilisateur d’un distributeur d’aliment lacté (DAL) depuis 1995, il a bien voulu répondre à nos questions.
 
Qu’est-ce qui a motivé l’achat d’un DAL ?
BB : Pour moi qui suis seul sur l’exploitation, l’organisation et le temps de travail sont primordiaux. Après mon installation, j’ai aménagé la salle de traite, la laiterie avec la nursery dans le prolongement de la stabulation. J’ai d’abord aménagé des cases pour le démarrage des veaux. Puis j’ai opté rapidement pour le DAL, question main-d’œuvre, et je n’ai aucun regret !  J’élève toutes mes génisses et j’étale mes vêlages pour éviter les coups de bourre. Aussi le DAL fonctionne d’octobre à fin juillet.

Quel est l’aménagement de votre local ?
J’ai aménagé deux cases d’environ 55 m2 pour 10 génisses maximum chacune avec un accès avec une porte battante au distributeur. Chaque case a un ratelier pour le foin et un abreuvoir automatique. En fait c’est tout simple.

Quel programme d’allaitement avez vous choisi ?

Les veaux ont du colostrum pendant 2 jours et ils passent ensuite au DAL. Ils s’y habituent bien après 2 à 3 tétées. Les veaux reçoivent du lait entier qui est stocké dans un petit tank de 150 litres dans la laiterie. C’est intéressant aussi de pouvoir traire quelques vaches sur bidon pour trier le lait à cellules comme cela il n’y a pas de perte. J’ai choisi un programme avec sevrage à 77 jours, pour une consommation de 470 litres par veau. Au maximum, les veaux reçoivent 8 litres par jour. Je l’ai programmé une fois pour toute et je ne l’ai jamais retouché car il me donne satisfaction. C’est vraiment très simple.


Quel matériel utilisez vous ?

Pour l’automate, j’ai choisi la marque Forster sans liaison avec un ordinateur. La programmation se fait directement sur l’appareil, et je peux aussi consulter les veaux qui n’ont pas consommé. Je l’ai installé dans la laiterie. Les veaux ont des colliers et j’ai pris une tétine rétractable pour éviter les tétées hors des repas. A l’époque de l’achat, l’investissement a été d’environ 40 000 F (6 100€)


Finalement, avec le recul que vous avez, quelle est votre appréciation sur cette technique ?

Je ne regrette pas d’avoir investi et je ne comprends pas que cette technique ne prenne pas plus d’ampleur, alors que l’on n'investit pas toujours de manière justifiée dans le matériel. Pour l’entretien, je programme le lavage du DAL une fois par semaine.
Pour ce qui est des veaux, je n’ai plus de problèmes de diarrhées comme auparavant avec deux buvées par jour et les croissances sont bonnes avec des consommations de 2,5 kg de concentrés au sevrage. Enfin, je ne reviendrai pas en arrière car pour ce qui est de la réduction du temps de travail, le DAL me donne pleinement satisfaction.


Octobre 2003
Jean-Jacques Beauchamp - Tél. 02 31 70 25 16